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Solidaris met en garde : la réforme frappe des ménages déjà fragilisés et risque d’aggraver durablement la précarité et l’état de santé de milliers de personnes.

 

Bruxelles, le 10 juillet 2026.

 

Avec 81.227 affiliés concernés, soit 47 % de l’ensemble des personnes exclues, Solidaris est en première ligne face aux conséquences sociales de cette réforme. Cette réalité confirme le rôle historique de Solidaris : être présente aux côtés des publics les plus vulnérables.

 

La précarité sociale est un déterminant majeur de la santé. La perte des allocations de chômage risque d’entraîner une dégradation des conditions de vie de milliers de personnes, avec des conséquences directes sur leur santé physique et mentale. C’est pourquoi Solidaris a analysé le profil des personnes concernées par les quatre premières vagues d’exclusion afin d’évaluer leur état de santé et leurs perspectives réelles de retour à l’emploi.

 

Les résultats montrent que la réforme frappera de manière disproportionnée des ménages déjà particulièrement fragilisés sur le plan social et économique.

 

Les familles monoparentales en première ligne

 

Une personne exclue sur six est à la tête d’une famille monoparentale, alors que ces individus ne représentent que 5 % de la population active. Dans 85 % des cas, il s’agit de mères seules. Au total, 9.225 familles monoparentales perdront leur droit aux allocations de chômage.

Confrontés à la perte du revenu de l’un de leurs parents, 72.229 enfants paieront eux aussi le prix de cette réforme. Pour Solidaris, cette mesure risque d’accroître la précarité infantile, de renforcer les difficultés d’accès au logement et aux soins de santé, et d’entraîner des conséquences importantes sur la santé physique et mentale des enfants.

 

Les familles monoparentales figurent déjà parmi les ménages les plus exposés au risque de pauvreté en Belgique. Elles doivent faire face, avec un seul revenu, à l’ensemble des dépenses liées au logement, à l’alimentation, à la mobilité, à la garde des enfants ou encore à la santé. Dans le même temps, les mères seules rencontrent davantage de difficultés d’accès à un emploi stable en raison des difficultés de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, du manque de places d’accueil pour les jeunes enfants et des inégalités persistantes sur le marché du travail. La suppression des allocations risque dès lors de faire basculer de nombreuses familles dans une précarité durable.

 

« Derrière ces chiffres, il y a des milliers de parents qui risquent de perdre leur seul revenu et des dizaines de milliers d’enfants dont les conditions de vie seront directement affectées. Une réforme de l’emploi ne peut ignorer ses conséquences sociales et sanitaires. », souligne Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

 

Les plus de 55 ans également fortement touchés

 

L’analyse révèle également une autre réalité préoccupante : parmi les exclus de la vague 4 (ceux qui ont maximum 2 ans de chômage), on retrouve un grand nombre de chômeurs âgés. En effet, plus de 33 % des affiliés exclus ont plus de 55 ans.

En Belgique, le taux d’emploi des 55-64 ans n’est que de 60,7 %, loin de la moyenne des personnes âgées de 20 à 54 ans (76,4 %).

 

La réinsertion sur le marché du travail, objectif affiché du gouvernement fédéral, semble donc difficilement atteignable, même pour les personnes de la quatrième vague, pourtant considérées comme les moins éloignées de l’emploi.

 

Un retour au travail compromis par l’âge et l’état de santé

 

L’analyse met également en évidence une autre dimension interpelante : les personnes exclues sont, en moyenne, plus âgées et présentent un état de santé plus dégradé que la population active.

Par exemple, parmi les personnes de la première vague d’exclusion du chômage, 28 % souffrent de problèmes cardiovasculaires, contre 12 % dans la population active. Elles sont également davantage concernées par les maladies chroniques, le diabète et les troubles de santé mentale. Or, ces publics sont précisément ceux dont les perspectives de retour à l’emploi sont les plus faibles.

 

« Les personnes âgées et en mauvaise santé rencontrent déjà beaucoup plus de difficultés que les autres pour retrouver un emploi. Dans un marché du travail où les opportunités restent limitées, il existe un risque majeur que ce soient précisément ces publics, déjà parmi les plus vulnérables, qui paient le prix de cette réforme. », souligne Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

 

Solidaris appelle à des mesures urgentes

 

Face à ces constats, Solidaris appelle les autorités à renforcer l’accompagnement des familles monoparentales, à améliorer l’accès au logement, aux places d’accueil de la petite enfance et aux soins de santé, et à lutter contre le non-recours aux droits afin d’éviter que cette réforme ne conduise des milliers de familles vers un déclassement durable.

Solidaris plaide pour un accompagnement adapté des chômeurs de longue durée, qui tienne compte des enjeux de santé mentale et physique auxquels ils sont particulièrement exposés.

 

Compte tenu des possibilités très limitées d’emplois auxquelles ceux-ci sont confrontés, il est indispensable de développer des politiques d’aménagement de fin de carrière réellement adaptées, permettant des fins de carrière tenables et des transitions facilitées vers la pension et la pension anticipée.

Les deux analyses, détaillant les résultats complets et les principaux enseignements de cette étude, sont disponibles dans la section ci-dessous.

Nos analyses

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PolicyBrief - Exclusion du chômage - Perspectives de retour à lemploi âgés et mauvaise santé - 2026

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PolicyBrief - Exclusion du chômage - Perspectives de retour à lemploi âgés et mauvaise santé - 2026

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