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Pour Solidaris, cette crise ne peut plus être lue comme une somme de détresses individuelles : elle révèle les conditions sociales, économiques et environnementales dans lesquelles grandissent les nouvelles générations.  

 

Bruxelles, le 03 juin 2026.

 

Une démarche collective pour mieux comprendre cette crise

 

Depuis plusieurs années, Solidaris amène des réponses concrètes à la crise de la santé mentale, via l’asbl Un pass dans l’impasse, active en prévention du suicide, via le CRIH (centre de référence et d’intervention Harcèlement) ou encore via les avantages et services de l’assurance complémentaire. Cette expérience de terrain a permis d’objectiver les difficultés rencontrées par les jeunes et de mettre en évidence les limites auxquelles ils se heurtent.

 

Face à cette situation préoccupante, Solidaris a engagé un travail de fond, en collaboration avec plus de 60 experts issus de disciplines variées. L’objectif ? Identifier des pistes d’action concrètes et formuler des propositions capables de renforcer durablement la prise en charge de la santé mentale.

 

Ces expertises croisées convergent vers le même diagnostic : la santé mentale des enfants et des jeunes nécessite une réponse publique globale, transversale et coordonnée.

 

Une dégradation qui s’accentue 

 

Toutes les études le confirment : la santé mentale des jeunes générations se dégrade depuis bientôt 20 ans et plus rapidement que celle du reste de la population. Entre 2008 et 2024, la proportion de jeunes de 15 à 24 ans présentant des troubles anxieux et/ou dépressifs a fortement augmenté. Aujourd’hui, près d’un jeune sur quatre est concerné, contre environ un sur six dans l’ensemble de la population. Les jeunes constituent également la tranche d’âge la plus exposée aux idées suicidaires (8,3 % contre 5,5 % en moyenne).

 

Bien que mise en évidence par la pandémie de COVID-19, la dégradation de la santé mentale des enfants et des jeunes s’est déclarée bien avant celle-ci et se poursuit depuis. Le mal-être d’une partie croissante de la jeunesse n’est pas un épiphénomène, mais une tendance structurelle qui se perçoit mondialement.

 

Une crise structurelle 

 

Les jeunes générations grandissent dans un contexte marqué par une accumulation de crises (réchauffement climatique, tensions géopolitiques, fragilisation des démocraties) et de pressions quotidiennes (précarité économique, exigences scolaires, isolement social et exposition massive aux réseaux sociaux).

 

Dans ce contexte, la santé mentale est fortement influencée par l’environnement de vie. Selon l’OMS, près de 70 % des déterminants de la santé mentale sont liés à des facteurs non médicaux. La santé mentale des jeunes est donc profondément influencée par leurs conditions de vie : qualité du logement, sécurité des revenus, environnement scolaire, relations sociales. Agir sur la santé mentale implique donc de reconnaître ces déterminants1 et de les intégrer dans les politiques publiques.

 

Un phénomène encore trop invisible

 

Malgré l’ampleur du phénomène, les troubles de santé mentale sont encore trop invisibilisés et pensés individuellement, en particulier chez les enfants et les jeunes. La stigmatisation, le manque d’information et les difficultés d’accès aux dispositifs de prise en charge freinent la détection et l’accompagnement précoces.

 

“Je pensais être seul à vivre tout ça. Ce qui me rend fou, c’est que tout est fait pour qu’on n’en parle jamais.” – B., 19 ans

 

“Je relativise en me disant que ce n’est peut-être pas de ma faute.” – E., 17 ans

 

Briser le silence est essentiel pour prévenir, accompagner et agir à temps.

 

Pour une réponse politique globale

 

Pour Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris : « La souffrance des jeunes n’est pas une vulnérabilité individuelle : c’est le symptôme d’une société qui va mal. »

 

La santé mentale des jeunes ne peut pas être réduite à une question purement médicale. Elle reflète directement les conditions sociales, économiques et environnementales dans lesquelles ils grandissent. Solidaris appelle dès lors à renforcer, sans plus attendre, des politiques publiques ambitieuses et transversales, agissant sur l’ensemble des déterminants de la santé mentale.

 

Solidaris publie aujourd’hui un rapport complet et 10 priorités, disponible ici.

 

Ce mémorandum est une première étape. Dans les prochaines semaines, Solidaris organisera des journées thématiques pour transformer ces constats en actions avec les acteurs de terrain et les décideurs. Pour être informé de la suite, inscrivez-vous à notre newsletter.