Dans ce contexte, Solidaris publie une nouvelle étude consacrée au retour au travail à temps partiel, un dispositif clé de retour vers l’emploi. Loin des idées reçues, l’étude montre qu’en 2025, près d’une personne sur cinq en invalidité s’engage dans une activité professionnelle malgré un état de santé dégradé. Autrement dit, 20% des personnes, reconnues en invalidité par un médecin, poursuivent tout de même une activité professionnelle. Ces chiffres révèlent une volonté claire des personnes malades de rester actives et de maintenir un lien avec le marché du travail.
Bruxelles, le 26 février 2026.
Le retour au travail à temps partiel est aujourd’hui le dispositif de reprise le plus mobilisé. En 2022, il concernait déjà 16 % des salariés et 23 % des indépendants en invalidité affiliés à Solidaris. Par ailleurs, son utilisation a progressé de plus de 70 % en 5 ans, soulignant son utilité comme tremplin vers l’emploi.
L’étude montre toutefois que le retour au travail à temps partiel ne débouche pas systématiquement sur une reprise complète : un peu plus d’un tiers des participants retrouvent un emploi à temps plein, tandis qu’environ la moitié connait une rechute vers l’incapacité totale. Pour Solidaris, ces chiffres confirment une réalité trop souvent ignorée : « les personnes malades veulent sortir de l’incapacité de travail, et une proportion significative y parvient grâce à cet outil. »
Solidaris développe : « La situation des personnes malades est souvent très difficile et peu enviable. Les problèmes de santé constituent un fardeau quotidien et ont parfois des répercussions importantes sur la vie des personnes concernées. De plus, les indemnités sont assez faibles, ce qui impacte directement leur niveau de vie. Loin des discours déconnectés de la réalité, ce que nous observons chaque jour, ce sont des personnes en difficulté qui se battent pour s’en sortir. »
Agir en amont de la maladie, une nécessité absolue
Le retour au travail à temps partiel joue un rôle clé dans l’accompagnement des personnes malades, mais il ne peut constituer, à lui seul, une réponse suffisante à l’augmentation des incapacités de travail. En effet, les résultats de l’étude mettent également en lumière les limites de cette réponse strictement individualisée face à un phénomène beaucoup plus global.
Pour Solidaris : « Il est nécessaire de recentrer l’analyse sur les déterminants structurels des maladies. Vouloir réduire le nombre de personnes malades sans améliorer les conditions de travail, reconnaître la pénibilité des métiers ou aménager les fins de carrière relève d’une contradiction majeure. Aucune réponse ne pourra être pleinement adéquate tant qu’elle ne s’attaquera pas à ces causes fondamentales des incapacités de travail. »
Adapter le dispositif pour en renforcer l’efficacité
En tant qu’acteur central de l’accompagnement des personnes malades, Solidaris s’engage également dans l’amélioration du retour au travail à temps partiel et formule des propositions concrètes pour en améliorer l’efficacité.
L’étude pointe notamment un angle mort majeur : la faible responsabilisation des employeurs. Comme le souligne Solidaris, « les employeurs constituent un maillon essentiel du processus de retour au travail. Sans leur implication, le retour au travail à temps partiel est voué à l’échec. Il est dès lors nécessaire de mettre en place un cadre législatif garantissant cette participation pour améliorer les résultats du dispositif. » Solidaris plaide en faveur d’un suivi des demandes et des
réponses apportées par les employeurs et, en cas de refus, d’une obligation pour ceux-ci d’en motiver objectivement les raisons.
Plus largement, l’étude identifie également d’autres pistes d’amélioration, depuis l’analyse du dispositif jusqu’à son adaptation, afin d’en accroître l’efficacité et la portée.
Enfin, Solidaris rappelle l’enjeu fondamental d’un emploi de qualité. « Consciente du rôle essentiel d’un travail stable comme levier d’autonomie et de bien-être, Solidaris s’engage pleinement dans l’accompagnement des personnes malades. Mais le travail n’est émancipateur que s’il est épanouissant, soutenable et, surtout, s’il ne rend pas malade », conclut la mutualité.