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Pourtant, suite au récent accord national dento-mutualiste conclu pour la période 2026-2027, le coût restant à charge du patient devrait encore augmenter, menaçant l’accessibilité financière pour de nombreux ménages, en dépit de l’interdiction d’appliquer des suppléments d’honoraires aux patients BIM à compter du 1er juillet 2026.

 

Bruxelles, le 19 mars 2026.

 

Dans le contexte d’une réforme en cours devant permettre d’objectiver les coûts réels des prestations et de les adapter aux pratiques du terrain, Solidaris a mené une étude sur les inégalités socio-économiques d’accès au traitement orthodontique régulier et sur ce que paie en réalité le patient.

 

Voici les principaux résultats de cette étude.

 

1. Une prise en charge qui progresse en Wallonie (2014-2024)

 

Entre 2014 et 2024, la proportion d’enfants pris en charge pour un traitement orthodontique classique ou régulier a progressé en Wallonie, passant d’un enfant sur quatre (26,00%) à un enfant sur trois (31,19%).

 

2. Des inégalités socio-économiques d’accès au traitement qui persistent en 2024

 

Si la prise en charge progresse, des inégalités importantes persistent dans l’accès au traitement entre les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM) et les bénéficiaires ordinaires (BO). Tandis qu’un affilié BO sur trois est pris en charge (33,93%), chez les BIM, cela concerne seulement un enfant sur quatre en 2024 en Wallonie (26,57%).

 

3. Un BIM sur deux paie plus de 2000 euros pour un traitement orthodontique régulier… et la facture devrait encore augmenter à l’avenir

 

Solidaris s’est penché sur le coût que paie réellement le patient pour un traitement orthodontique classique, en se basant sur les tarifs de l’honoraire légal remboursé par l’assurance obligatoire (2024) et sur les suppléments facturés aux patients, dans un contexte où une majorité de praticiens sont non-conventionnés et fixent donc librement leurs tarifs.

 

Le résultat de cette analyse a montré que pour un patient (BIM) sur deux, en 2024, le coût total des suppléments pour un traitement orthodontique régulier s’élève à 2.044,75€, après remboursement de l’assurance obligatoire.

 

Un coût très élevé restant à charge du patient que les interventions de l’assurance complémentaire (AC) et de l’assurance dentaire facultative peuvent contribuer à faire baisser pour les patients qui y sont affiliés. Toutefois, même après intervention de ces assurances, un BIM sur deux doit encore prendre en charge un montant de 1.094,75€. Un montant conséquent pour de nombreux ménages modestes et qui s’avère être un frein important à l’accès au traitement.

 

Or, le nouvel accord national dento-mutualiste conclu pour 2026-2027, afin de répondre aux demandes du secteur dans la perspective de l’interdiction des suppléments d’honoraires pour les patients BIM au 1er juillet 2026, a entériné l’introduction de tarifs maximaux, en attendant la mise en place de la réforme des tarifs légaux. Ces tarifs maximaux correspondent à des dépassements d’honoraires pouvant être appliqués par tous les prestataires de soins (conventionnés ou non) à tous les patients (BIM et BO).

 

Solidaris a analysé ces nouveaux tarifs qui pourront prochainement être appliqués à tous les patients, y compris les patients BIM : les tarifs introduits sont au moins égaux, voire supérieurs aux suppléments pratiqués dans 50% des cas. Autrement dit, la facture pour un traitement orthodontique régulier va encore grimper, dans le cadre d’un accord qui va encore mettre davantage à mal l’accessibilité financière pour les patients les plus vulnérables.

 

En effet, Solidaris rappelle que ces nouveaux tarifs maximaux ne sont pas intégrés dans le maximum à facturer (qui permet de plafonner les frais restant à charge des patients). En conséquence, Solidaris – qui s’est positionnée contre cet accord – alerte sur cette situation qui menace véritablement l’accessibilité financière pour les patients et rappelle que la sécurité tarifaire n’est pas synonyme d’accessibilité financière.

 

Or, il était possible de faire autrement. Un budget de 18 millions d’euros, disponible pour le secteur, aurait pu être mobilisé afin de réduire de moitié la facture des patients BIM en orthodontie. Une telle solution n’aurait pas fait peser les hausses de prix sur les patients et aurait permis d’améliorer concrètement l’accès aux soins.

 

Les recommandations de Solidaris

 

Solidaris plaide pour des mesures qui garantissent une réelle accessibilité financière :

  • Nous plaidons pour que le montant de 18 millions d’euros disponible dans l’objectif des soins dentaires soit attribué à un remboursement majoré pour les patients BIM.
  • Nous plaidons également, dans la réforme des tarifs à venir, pour que les tarifs maximaux soient intégrés dans le maximum à facturer (MAF).
  • Enfin, nous plaidons pour que le secteur s’empare des débats sur la possibilité d’identifier un critère pour objectiver des besoins médicaux spécifiques, dans le cadre du traitement régulier. Un consensus parmi la profession autour d’un tel critère permettrait d’œuvrer à une meilleure accessibilité financière pour les patients avec des besoins spécifiques.

 

L’étude complète est disponible ici.