Il confirme son intention de réaliser 104,5 millions d’euros d’économies dans le budget des médicaments via une augmentation des prix pour les patients. Conséquence : plus de 50% de la population verra le coût de ses médicaments augmenter largement, et pour plus d’un million de Belges, le prix de leur traitement va augmenter jusqu’à 130 euros par an.
Solidaris rappelle que le dérapage répété du budget médicaments est lié à l’explosion des prix exigés par l’industrie pharmaceutique. Alors que l’on pourrait récupérer près d’un milliard d’euros par an en payant le juste prix à l’industrie, le ministre choisit de faire porter l’effort prioritairement sur les patients. Cette augmentation, qui s’ajoute aux autres mesures d’économie à mettre en œuvre dans le cadre du budget 2026, représente à elle seule près de 12 % de l’effort budgétaire à réaliser.
« Dans un pays où les coûts des soins de santé à charge des patients sont déjà très élevés, cette hausse des prix n’est rien d’autre qu’une taxe supplémentaire injuste pour les malades. Aujourd’hui, près de la moitié de la population devra subir de nouvelles augmentations pour financer les économies décidées par le gouvernement. Le véritable courage politique aurait été de faire payer l’industrie pharmaceutique, qui génère des profits absolument colossaux, et non les patients. », souligne Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.
Le ministre affirme que les patients les plus vulnérables seront protégés par le MAF (maximum à facturer). Pourtant, parmi les patients Solidaris ciblés par ces augmentations, seulement 1 BIM sur 4 atteint le plafond MAF et sera ainsi protégé ! Autrement dit, tous les patients seront impactés par les mesures et la majorité des BIM, soit 75 %, ne seront pas protégés et verront, eux aussi, leur facture augmenter drastiquement.
C’est pourquoi Solidaris juge ces nouvelles taxes sur les médicaments totalement inacceptables pour les patients et invite plutôt le ministre à négocier des baisses de prix avec l’industrie !
Diminution du remboursement des statines et IPP : 87,2 millions d’euros d’économies attendues
Aujourd’hui, les IPP sont prescrits pour traiter les ulcères à l’estomac, les symptômes du reflux et de l’œsophagite de reflux, ainsi que pour éliminer l’H. pylori en cas d’ulcère gastro-duodénal. Les statines sont quant à elles des réducteurs de cholestérol ou hypolipidémiants. Ce sont des médicaments préventifs, utilisés pour réduire la morbidité et la mortalité cardiovasculaire (en évitant les crises cardiaques et AVC) en faisant diminuer le taux de cholestérol.
Ces traitements ne sont délivrés que sur prescription médicale. Le patient n’a aucun contrôle sur le volume de consommation de ces médicaments. Chercher à diminuer la consommation via une augmentation du prix est donc une mesure totalement inefficace, dangereuse pour la santé publique, et injuste pour les patients, qui verront leur facture exploser.
Aujourd’hui, 50 % de la population belge prend au moins un de ces deux médicaments, et plus d’un million de patients doivent consommer les deux conjointement. Pour ces derniers, leur facture annuelle augmentera de plus de 130 euros, soit un coût multiplié par cinq par rapport à aujourd’hui.
Par exemple, pour les IPP, le prix à charge du patient pour une boîte de Pantomed ou Pantoprazole 40 mg x 56 (2 mois de traitement) passera de 4 euros actuellement à 15 euros demain. Pour les statines, le Lipitor ou Atorvastatine 20 mg x 100 (3 mois de traitement) passera de 6 euros à 20 euros.
Fin de la gratuité des médicaments d’« importance vitale » et augmentation des tickets modérateurs : 26,2 millions d’euros d’économies
Le ministre Vandenbroucke prévoit d’instaurer un ticket modérateur minimum sur les médicaments dits d’importance vitale. Ces médicaments, utilisés notamment contre le cancer et le diabète, étaient jusqu’ici remboursés intégralement vu leur caractère vital pour les patients. Avec cette réforme, le patient devra désormais payer en plus pour se soigner.
Face au risque de hausse des consultations lié à la réforme du conventionnement, Solidaris a lancé une pétition pour défendre l’accès aux soins et appelle les patients à la signer massivement afin de faire entendre leur voix.