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Il s’agit d’un grave recul social, sans fondement économique, dont les coûts humains, sanitaires et financiers seront supportés par la collectivité.

À qui profite la mesure ? Pas à la compétitivité de la Belgique ! Solidaris et FGTB demandent le retrait de la mesure.

 

Bruxelles, le 11 mars 2026.

 

La vie de famille et le pouvoir d’achat vont trinquer

 

La réforme prévoit de repousser le début du travail de nuit de 20h à 23h dans un grand nombre de secteurs, entraînant mécaniquement la suppression des primes de nuit pour une large partie des prestations. Résultat : une perte de revenus estimée entre 150 et 600 euros brut par mois, pour un travail identique. Cette baisse affectera également, à terme, le montant des pensions. En outre, le travail de nuit est présenté comme un « choix individuel ». Dans la réalité, ce glissement vers des négociations individuelles affaiblit fortement la capacité des travailleurs et travailleuses à refuser des horaires de nuit, sous peine de mettre leur emploi en danger. Le travail de nuit désorganise les rythmes de vie, complique la garde des enfants, fragilise les relations familiales et accentue l’isolement social.

 

Une menace avérée pour la santé

 

Les effets délétères du travail de nuit sur la santé sont largement documentés. Depuis 2007, le Centre international de recherche sur le cancer classe le travail de nuit comme facteur de risque cancérigène, notamment pour les cancers du sein, de la prostate et du côlon. Chez les femmes, le risque de cancer du sein peut augmenter jusqu’à 30 %. Le travail de nuit perturbe les rythmes biologiques, provoque des troubles du sommeil chroniques, favorise les maladies cardiovasculaires, les troubles métaboliques et les atteintes à la santé mentale (anxiété, dépression, irritabilité).

 

Ces impacts se traduisent par une augmentation des incapacités de travail et des maladies de longue durée, en totale contradiction avec l’objectif affiché de réduire leur explosion. À terme, ce sont la sécurité sociale et les finances publiques qui en assumeront les coûts.

“Dans un contexte où les pouvoirs publics affirment vouloir lutter contre l’explosion des malades de longue durée, il est incohérent de promouvoir une réforme qui accroît précisément les facteurs de risque conduisant à l’exclusion durable du marché du travail” précise Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

 

Un argument économique qui ne tient pas

 

Le gouvernement justifie la réforme par la compétitivité, notamment dans l’e-commerce. Pourtant, la Belgique figure déjà parmi les pays les plus performants : 28,7 % du chiffre d’affaires des entreprises belges provient des commandes en ligne, un taux supérieur à celui de pays voisins comme la France (12,26%), l’Allemagne (20,67%) ou les Pays-Bas (18,99%).

 

Cette réforme n’est donc pas économiquement nécessaire. Elle vise essentiellement à réduire le coût du travail et à augmenter les marges des entreprises, alors même que celles-ci bénéficient déjà, depuis 2004, d’importantes exonérations fiscales liées au travail de nuit. Ces exonérations représentent aujourd’hui plus de 2 milliards d’euros par an, sans contreparties sociales claires. Les bénéfices sont privatisés, tandis que les coûts sociaux et sanitaires sont collectivisés.

“Autrement dit, les bénéfices sont privatisés, tandis que les coûts – en termes de santé, de maladies de longue durée et de protection sociale – sont reportés sur les travailleurs et sur la collectivité” affirme Selena Carbonero Fernandez, Secrétaire générale de la FGTB.

 

Reconnaître la pénibilité du travail, préserver la santé

 

Solidaris et FGTB demandent le maintien de l’interdiction de principe du travail de nuit, avec des dérogations strictement négociées dans le cadre de la concertation sociale, ainsi que le maintien du début du travail de nuit à 20h. Elles appellent également :

  • à un renforcement du suivi médical et de l’information sur les risques,
  • à des politiques de fin de carrière adaptées,
  • à une remise à plat des exonérations fiscales afin que les entreprises assument pleinement les coûts sociaux et sanitaires de leurs choix organisationnels et économiques.